C’est en surfant sur les sites de web-journalisme que j’en suis arrivé moi-même à me poser la question. Qu’est-ce qu’un MoJo?
L’expression MoJo est une contraction des mots anglais «mobile journalist». C’est un journaliste mobile multimédia qui fait tout par lui-même. Il sait manipuler tous les outils pour produire des reportages pour tous les médias. Plus brièvement, certain dirons que c’est un journaliste «funky».
Les MoJos existent déjà au Canada! Oui oui, nous sommes en avance sur la France. L’exemple le plus connu que j’ai trouvé est le portail web Canoë. Depuis 2007, Canoë a engagé cinq MoJo qui s’occupent de produire au moins un reportage web chaque jour. Chaque journaliste est responsable de A à Z de son reportage (recherche, tournage, entrevue, écriture de l’article, prise de photos, montage, mise en ligne).
Qu’est ce que ça apporte de plus qu’un simple journaliste?
Ce n’est pas nécessairement pour payer seulement qu’une personne au lieu de plusieurs que le métier de MoJo existe. Ce qui arrive, c’est que les gens ne veulent pas seulement que lire sur le web. On est dans un système participatif où les gens veulent pouvoir voir, entendre, commenter par rapport à l’information. Le rôle du MoJo est de présenter l’information objectivement. De plus, puisque leur information est transmise sur le web, ça leur permet de petites fantaisies au niveau du montage et au niveau du ton, toujours en gardant un souci de rigueur journalistique bien sûre.
On se demande tous comment ils font, pratiquement, pour réussir à tout gérer en même temps. Selon eux, la partie la plus difficile du métier est de passer d’un rôle à un autre. En filmant par exemple, il faut réussir à garder une technique approprié tout en interviewant.
Jusqu’à maintenant, les réactions sont bonnes, les gens aiment! Pourquoi? Parce que c’est intéressant de voir l’information sous des angles différents et surtout, c’est accessible en tout temps; ils peuvent aller sur le web au lieu d’attendre le téléjournal de 17h.
La presse et le métier de journaliste mobile sont deux réalités qui se suivent, qui sont en constante évolution. MoJo est un métier de jeunes, ce sont ceux de la génération du web qui exercent ce métier ou l’exerceront plus tard. Le changement s’en vient, il faut l’accepter sinon nous allons devenir obsolètes.
C’est la réalité qui nous frappe. Nous aurons possiblement le droit à une généralisation du MoJo à l’ensemble de la presse. Dans les années à venir, il y aura une augmentation fulgurante du métier de journaliste multimédia total.
Qu’en pensez-vous? Croyez-vous que le métier de journaliste, tel qu’un MoJo l’exerce, préfigure ce qu’il sera pour l’ensemble de la profession dans les années qui viennent?
D’après moi, il va toujours y avoir un besoin pour des journalistes qui sont spécialisés dans un certain mode de journalisme. Ce n’est pas pour tout le monde le journalisme mobile… Il faut avoir envie de s’y donner et d’avoir les capacités techniques! Il faut avoir envie de se lancer dans le texte, la vidéo, toute le «technique». Selon moi, il va toujours avoir de la place pour la presse écrite, télé et radio.
Sarah Lamontagne



